faire des expériences pour développer sa créativité

Parfois, on a juste envie de peindre… Mais on n’a pas d’idées, ou alors on se paralyse par peur de la page blanche. On cherche LE truc qui sera digne de faire partie de notre book, ou qu’on exposera, qu’on sera heureux de montrer. Il arrive aussi que la vie soit stressante, qu’on perde confiance en nous ou d’être en panne de créativité. Et bien je vous propose de jouer pour sortir de ces cercles vicieux qui tuent notre motivation et notre confiance en soi afin de relancer le processus créatif sans aucune pression. Je vous propose de faire des expériences pour développer sa créativité.

Comment procéder ?

Sortez des sentiers battus :

Si vous êtes peintre, lancez-vous dans le modelage. Vous êtes illustrateur, tentez la “peinture libre” et spontanée. Ou encore, si vous ne connaissez pas du tout un médium, c’est l’occasion de se lancer.

Changez d’outils, variez les techniques et surtout lancez-vous sans aucune attente de résultat. Ici, pas question d’avoir un rendu ou d’effectuer quelque chose de fini ou de montrable… Mais de créer pour le plaisir de créer, simplement pour le processus. Par exemple, on peut très bien s’imposer des contraintes. Testez de ne travailler qu’avec trois couleurs, ou encore avec un seul outil, d’expérimenter un geste précis. On peut se fixer une idée, essayer une technique.

Néanmoins gardez en tête que vous ne devez pas vous mettre de barrières liées au succès de l’opération. Ici, la démarche de test et de jeu est plus importante que le résultat obtenu. Les bénéfices sont nombreux, même si à la fin, nous n’obtenons pas toujours le plus beau chef-d’œuvre du siècle. Laissez libre cours à vos gestes. Oubliez vos inquiétudes et laissez parler le flot de la matière.

En effet, l’appétit vient en créant, alors peignez, même si c’est pour faire n’importe quoi. Personne n’est à l’abri d’une bonne surprise, d’avoir la bonne idée, de sortir une pièce intéressante. Et d’apprendre quelque chose sur lui-même et sa démarche.

faire des expériences pour développer sa créativité
Ici, je teste comment créer du relief au couteau avec du liant acrylique avant de peindre par-dessus. J’y vais franchement. Même pas peur.

Pourquoi faire des expériences pour développer sa créativité ?

1 – Le plaisir du jeu et redécouvrir notre âme d’enfant

En effet, quoi de plus régressif que de patouiller la matière en totale spontanéité? Poser une tache, puis une autre, tracer une ligne expérimenter… Bref, on joue, on s’amuse, on se lâche totalement et on oublie la petite voix d’adulte qui nous murmure doutes et imprécations à longueur de temps. C’est un exercice réellement libérateur en tant qu’artiste que de construire quelque chose à partir de rien, sans se poser de questions autre que “et maintenant, quelle couleur?”. Cela permet justement de contrecarrer la peur de la page blanche et de relancer la machine créative. Seulement vous et le plaisir de jouer avec la matière.

Cette notion de plaisir est fondamentale, je trouve, dans le fait de peindre. Elle autorise à oublier un instant la pression – qu’elle provienne de soi ou de l’extérieur. C’est un acte libérateur. Le jeu comme remède au stress est la base des arts thérapies, et renouer avec son âme enfant nous permet, pour un instant, de retrouver le plaisir du jeu.

Pas de mystères : nous sommes des mammifères. Nous avons besoin pour notre plein épanouissement de jouer et de nous divertir. Nous apprenons en jouant – des études sur les sciences de l’éducation le prouvent – et c’est ce que je vous propose de faire ici. Si on s’attelle à notre art avec pour seule ambition de “travailler”, on finit par se déconnecter du plaisir initial de la peinture… et perdre notre belle créativité.
Alors : jouons.

2 – Afin d’obtenir des idées

faire des expériences pour développer sa créativité
Par exemple, ce croquis au crayon où j’ai tenté de combiner une structure osseuse vue au microscope et de la roche a donné naissance à un tableau à part entière.

Donc vous êtes là, avec votre pinceau/crayon/stylet/autre et vous faites votre zigouigoui… Peut-être voyez-vous l’amorce de quelque chose, d’une idée, d’un projet s’annoncer? Puisque le jeu permet de relancer la machine créative sans pression, vous vous retrouvez à créer sans tabou ni impératif. Quelque chose peut prendre forme alors dans votre esprit. Ces taches, là, vous évoquent-elles quelque chose? Ou bien, peut-être, cet effet de matière est vraiment intéressant? Tiens, et si je collais ci ou ça ici voir ce que ça donne?

Au final, si la pièce obtenue n’est peut-être pas la plus belle que vous ayez faite, vous avez pu, en revanche, voir émerger des formes et des combinaisons inédites qui pourront donner de vraies pièces à la fin. Parfois, je laisse reposer longtemps les résultats de mes expériences, je les ressors et je leur trouve des points positifs qui me donnent envie d’exploiter l’idée qu’elles me donnent alors. “Tiens, cette combinaison de jaune et de vert très sombre avec cet effet de matière : si je peignais le roi de la foret avec cette combinaison?

Au final, tout se met à avoir du potentiel après coup : la machine à créer est en pleine ébullition et ça, c’est bon pour le moral. On prend l’habitude de tester des choses, d’essayer, on gagne de la confiance en soi et les idées émergent alors plus facilement, plus simplement, plus librement aussi.

3 – accumuler de l’expérience

Vous connaissez certainement ce vieux dicton : “c’est en forgeant qu’on devient forgeron”. Et bien, il se vérifie particulièrement dans nos domaines où plus on s’exerce, et plus on devient compétent. Ce qui est fantastique dans l’exercice qui nous intéresse, c’est qu’inconsciemment, en manipulant les outils, vous allez engranger des données vous permettant de mieux anticiper le comportement de vos outils et les méthodes permettant d’aller exactement où vous voulez.

Alors pas d’excuses : l’erreur est permise et même encouragée. “Ajouter de l’eau sur ce genre de tache, manifestement, ça ne marche pas” ou encore “tiens quand je frotte le pinceau comme ça, ça ressemble à telle matière”… Petit à petit, vous nourrissez votre maitrise du médium. Rien n’est grave ici, puisque l’objectif n’est pas d’obtenir une pièce finale à montrer, mais de progresser de façon globale. Vous pouvez donc vous autoriser toutes les folies, toutes les audaces sans retenir votre geste : vous allez forcément apprendre quelque chose.

N’hésitez pas à écrire au dos de votre essai les techniques utilisées, les bonnes idées que vous avez eu, les matériaux que vous avez combinés dans un fichier ou un journal que vous tiendrez exprès pour l’occasion. Ou expliquez à un de vos amis ce que vous avez fait! Écrire ou raconter permet de “fixer” la mémoire et de se souvenir durablement des expériences accomplies et des enseignements retirés.

Bref : vous êtes prêts? Alors c’est parti! N’hésitez pas à partager en commentaires vos essais et vos idées pour en discuter!

Sur ce, bonne peinture à tous !

Artiste peintre et Chaman d'un monde qui n'existe pas.

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