créer du relief dans vos peinture grâce au papier mâché

Vous avez envie d’ajouter une nouvelle dimension à votre peinture ?

Comme je vous comprends. Parfois, on aimerait simplement patouiller la matière, mettre les mains dedans. Je vous comprends aussi. Le principal écueil étant “mais comment faire” ? Et bien, je vous propose une solution (parmi quelques unes que j’ai pu tester). Donc, je vais vous montrer comment créer du relief dans vos peinture grâce au papier mâché.

créer du relief dans vos peinture grâce au papier mâché
Exemple de toile recouverte de papier mâché pour donner un effet de “pierre”

1 – Le papier mâché, une matière légère et accessible.

Parce que la principale difficulté de créer du relief dans ses peintures est principalement le poids de la matière qu’on va utiliser. Oui oui, je ne sais pas si vous avez déjà tenter de manipuler un bloc en argile, mais ça pèse et c’est fragile et cassant. Le papier mâché, lui, ne pèse presque rien et ne s’effrite pas. Car en réalité, on récupère les fibres du papier pour les malaxer ensemble et en faire autre chose.

L’autre difficulté est qu’on a souvent besoin de beaucoup de matière. Et devinez ce qui ne coute presque rien ? Bingo. En effet, mise à part la colle que vous allez mélangé dedans, le papier mâché peut être constitué entièrement de papier et de carton de récupération. Et ça, c’est beau. Écologique, économique et qui en plus nous débarrasse discrètement des papiers confidentiels sans laisser de traces. Que demander de plus ?

Enfin, le papier mâché est “peinture friendly”. Contrairement au plâtre qui va beaucoup absorber par exemple, ou au béton qui a besoin d’un enduit spécial, le papier mâché est réceptif à la peinture et prêt à l’emploi dès qu’il est sec. Et en plus, il est malléable et avec un peu de créativité, on peut vraiment obtenir des volumes très impressionnants. Certaines sculpteurs l’utilisent même pour leurs œuvres.

Donc, si je récapitule la check-list on a :

  • Nécessité d’avoir une matière légère, solide et malléable : check.
  • Un matériau qui permette de faire de grands volumes ou du relief subtil : check.
  • Une matière économique : check.
  • Et qui soit écologique aussi : check.
  • Qui soit peinture friendly : check.

Comme ça, créer du relief dans vos peinture grâce au papier mâché a l’air d’être la solution idéale…

2 – Un matériau un peu crassouilleux et qui prend son temps

Oui je sais, le précédent chapitre laissait entendre que le papier mâché était le compagnon idéal du peintre. Pourtant, il présente quelques inconvénients à sa mise en place dont il faut avoir conscience.

Tout d’abord, le processus de fabrication et de séchage sont relativement longs. Bon, ceux qui sont accoutumés au travail de l’huile ne devrait pas avoir trop trop peur. Mais ceux qui sont coutumiers de la vitesse des peintures à l’eau risquent d’être un peu perturbés. En effet, le papier mâché demande de la patience, et une bonne semaine pour sécher tranquillement.

Ensuite, c’est ‘crassouilleux’. Il faut malaxer, dégorger, pétrir, appliquer, lisser… Avec les mains, de préférence, c’est bien plus rigolo. Alors c’est peut-être moi qui ne sait pas faire hein, mais j’ai passé pas mal de temps à nettoyer mes ustensiles et mon plan de travail. Il faut compter le temps de trempage, le mixage, puis presser, mélanger, étaler et enfin que toute l’eau se soit bien évaporée jusqu’au cœur de votre construction.

3 – Comment fabriquer du papier-mâché.

Avec du papier. Jusque là on est bon vous me direz !

Étape 1 – de la bouillie de papier dans la marmite :

Il faut d’abord séparer les fibres de celluloses, les désolidariser. Pour ma part, je fais tremper. Je coupe en petits confettis les morceaux de cartons ou de papier au-dessus d’un grand faitout. Je recouvre ensuite d’eau et je laisse tremper au moins du demi journée.

Lorsque mon mélange a bien trempé, je place ma marmite sur le feu et je fais bouillir. Si ça sent le papier mouillé qui chauffe on ne panique pas, c’est juste normal. Je touille pendant ce temps parce que j’ai toujours peur que ça accroche et que ça brule. Lorsque je sens que mon mélange change de consistance – enfin, j’ai l’impression, mais comptez au moins 5 minutes à l’eau bouillante voire plus – je coupe le feu. Je laisse refroidir. Ensuite, j’y fais cash direct dans la marmite avec un mixeur à pied. Pour l’amour des moteurs maltraités faites quelques pauses pendant la préparation de votre purée ! Quand ça ressemble à une sorte de purée de bébé vomie sans grumeaux, vous arrêtez tout.

Étape 2 – Je prends les fibres, et je les patouille :

Faire cuire du papier dans la marmite n’était pas assez rigolo. Je vous propose maintenant de former des petites crottes de fibres de papier. Je pose un tissu fin au-dessus d’une passoire, ou d’un récipient pour récupérer l’eau, et je viens prélever de la bouillie de papier avec une louche que je dépose en petit tas dans le tissu. Puis je prends le tissu au quatre coin, le papier au centre et ça fait un petit baluchon dégoulinant. Et là j’essore bien ! Je pose fièrement ma première crotte sur un support (je ne pensais pas écrire cette phrase là un jour sur mon blog) et je forme les autres. Quand il n’y a plus de bouillie de papier, j’émiette mes petites crottes (savoureux) dans un récipient, et je passe à l’étape suivante.

Étape 3 – la Grande Patouille commence :

Donc, maintenant que vous petites boules sont émiettées, on va passer au mélange de ce qui constituera votre matière principale. Alors, j’ajoute du blanc de Meudon ou du blanc de champagne, moitié moins que je n’ai de papier. Et puis de la colle. Alors en terme de colle, on peut mettre de la colle en poudre à tapisser, adaptée du coup au PH du papier, ou une colle vinylique blanche allongée dans un peu d’eau pour la fluidifier. Et de ça j’en mets autant que mon papier. Je suis une gourmande moi, j’aime quand c’est bien onctueux !

Et là, il n’y a pas de miracle : on met les mains et on mélange bien. Bien, bien et bien. Si comme moi, vous souhaitez créer un relief, vous pouvez ensuite appliquer votre papier mâché un jour ou deux sur un tapis de silicone et l’étaler à la spatule pour qu’il s’aplatisse.

Etape 4 – On y est ! On va créer du relief dans vos peintures grâce au papier mâché !

Enfin ! Donc maintenant que votre matière est prête, passons à la confection de votre support. Tout d’abord, pour quel support ? J’ai tendance à vous recommander de choisir quelque chose de solide. Sur du papier par exemple, le papier-mâché risque d’être plus lourd que lui ! Mais de la toile, du carton ou tout autre surface à laquelle la colle peut adhérer sera parfaite. Selon l’effet recherché, la prochaine étape sera différente.

Vous voulez créer une sorte de bas ou de haut relief ? Pas de problème. Créez une structure avec des boules de polystyrènes, des fils et du grillage de fer gainés (pour éviter la rouille), puis recouvrez le tout de votre précieuse matière. Ce sera plus solide, plus léger, et ça sèchera plus rapidement.

Vous voulez créer des dénivelés, des formes creuses, concaves, de la texture ? Pas de problème ici non plus. Que vous l’ayez fait reposer ou non sur un tapis de silicone, vous n’avez qu’à prélever un peu de papier-mâché à la spatule et à l’appliquer sur votre support en créant le relief avec vos doigts, des couteaux à peindre, des outils de modelage…

créer du relief dans vos peinture grâce au papier mâché
Un autre point de vu de ma création, avec de beaux dénivelés et une texture qui va bien râper sous le pinceau.

Comme vous pouvez l’imaginer, les possibilités sont infinies… Et vous, avez-vous testé ce procédé ? Qu’est-ce que ça donne ?

Sur ce, je vous souhaite bonne peinture à tous et à toutes ! 🙂

Artiste peintre et Chaman d'un monde qui n'existe pas.

4 réponses pour “Créer du relief dans vos peintures grâce au papier mâché”

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