Choisir son médium selon le temps qu'on consacre à sa pratique

Hello! Dans cet article, je vais aborder quelques points comment choisir son médium pour peindre. Je compte faire une série pour vous aider dans votre choix. Ici, j’aborde comment choisir son médium selon le temps qu’on consacre à sa pratique. En effet, il existe d’autres critères, pour choisir, comme une affinité personnelle ou bien le désir de rendre quelque chose, une atmosphère particulière, ou des sujets bien précis. Je ferai un petit topo sur ces critères-là aussi. Mais aujourd’hui, le critère qui nous intéresse est là : le temps.

Choisir son médium selon le temps qu'on consacre à sa pratique
Tic tac s’écoulent les secondes…

Pourquoi choisir son médium selon le temps qu’on consacre à sa pratique ?

Parce que chaque technique, chaque médium, possède un tempo qui lui est propre. Tempo de séchage tout d’abord. L’huile par exemple, sèche (“siccative” dans le jargon) extrêmement lentement, en plusieurs semaine, là où l’acrylique va sécher très rapidement. Cela veut dire qu’il faudra atteindre plusieurs semaines avant de faire une nouvelle couche à l’huile et moins d’une heure pour l’acrylique ! L’aquarelle se travail avec l’eau, il faut atteindre qu’elle s’évapore si on en ajoute beaucoup. Donc, ce temps là est très important pour le travail. On n’abordera pas un travail à l’huile de la même façon qu’une aquarelle.

L’autre temps à considérer est la conservation de notre matière sur la palette. Une goutte d’aquarelle en tube peut être réutilisée à l’infini, là où une acrylique ou même une huile sont irréversibles une fois sèches. Par contre, vos mélanges à l’huile peuvent se conserver plusieurs semaines, ce qui n’est pas le cas de l’acrylique. Si vous ne pouvez pratiquer qu’en séances très courtes mais voulez exécuter des pièces complexes de grandes tailles et donc devez conserver vos mélanges, l’acrylique n’est pas ce qu’il vous faut.

Donc, voilà l’intérêt de choisir son médium selon le temps qu’on consacre à sa pratique. A force d’expériences, on finit par trouver ce qui nous convient le mieux, mais aussi par acquérir quelques astuces afin de conserver ses mélanges entre deux séances… Pourtant, je pense qu’on se faciliterait grandement la vie si seulement on considérait avant même de peindre les caractéristiques propres à chaque médium concernant le temps nécessaire à une séance.

1 – La peinture acrylique : une pâte qui sèche très vite.

En pratique :

Choisir son médium selon le temps qu'on consacre à sa pratique
Technique du dripping, ou de déposer de la peinture en coulures ou en goutte. Je vous défie de réaliser ça à l’huile, hé hé.

La peinture acrylique sèche vite. Mais genre, vraiment vraiment vite. Vous préparez soigneusement vos mélanges, vous commencez votre toile et sans retardateur, il n’est pas rare de les trouver tout secs dans votre palette. En contrepartie, le film de peinture que vous déposez sur votre toile sèche très vite aussi. Si vous aimez réaliser des superpositions, ce médium vous plaira beaucoup.

Comme les peintures sèchent très vite, Vous aurez du mal, au début, à prévoir le temps d’une séance parce que les couleurs commencent à sécher dès qu’elles sont sorties du tubes. Il faut parfois refaire la même teinte plusieurs fois afin de terminer une œuvre. Et bien oui : après le gaspillage de plusieurs millilitres de votre précieuse peinture sur la palette, vous tenterez de doser l’exact quantité nécessaire à l’application d’une teinte.

Vous devrez anticiper chaque zone de votre tableau, chaque teinte, car les dégradés et fondus (le fait de “fondre” une couleur dans une autre) sont difficiles à exécuter. Car une fois la peinture sèche, elle est indélébile. Donc vous avancerez zone par zone. D’abord tout ce qui est bleu, puis tout ce qui est rose, puis tout ce qui est violet etc. C’est un coup de main à prendre, une habitude et une forme de pensée particulière à ce médium. 

A la fin de la séance :

L’acrylique est un médium dont l’utilisation nécessite un nettoyage rigoureux et instantané de ses outils à la fin de chaque séance. Le médium acrylique repose sur deux principes : l’évaporation de l’eau qui le dilue, et la polymérisation des chaînes de molécules qui la composent. Une fois sèche, l’acrylique forme une couche solide et souple et chaque élément inséré dedans en devient inextricable, car elle s’est soudée autour. Ceci est vrai pour les pigments… mais aussi pour les poils de vos pinceaux.

Quand choisir ce médium ?

Si vous décidez de choisir votre médium selon le temps qu’on consacre à sa pratique, et que vous choisissez l’acrylique, sachez donc que les séances peuvent être assez longues. Notamment au début, lorsque vous vous familiarisez avec et que vous avez besoin de temps pour chercher vos mélanges. Ainsi, je pense que l’acrylique est un médium nécessitant de longues séances, du moins au début, pour se familiariser avec le médium obtenir de bons résultats. Gardons en tête que chaque goutte de peinture sortie du tube est “perdue” si non utilisée… Même si il existe des astuces pour conserver la peinture entre deux séances.

2 – L’huile : un temps de séchage long, mais des outils vulnérables

Choisir de peindre à l’huile, c’est choisir un médium qui sèche très lentement… Mais dont les mélanges sur la palette se conservent longtemps !

Choisir son médium selon le temps qu'on consacre à sa pratique
L’huile, la peinture des grands maîtres, fait toujours autant rêver.

En pratique :

L’huile, quand elle est sèche, elle est sèche. Mais elle prend un temps infiniment plus long à sécher – enfin, à durcir – que l’acrylique. Cela laisse la liberté de préparer toutes ses teintes avant de commencer, d’appliquer des jus, des aplats, de revenir dessus plus tard ou de fignoler les fondus avec beaucoup de subtilité. Vous pouvez conserver votre palette sans problème entre deux séances….

La principale difficulté de ce médium réside dans le temps de siccativation d’une couche de peinture. En effet, vous ne pourrez ajouter une nouvelle couche de peinture que lorsque la précédente sera parfaitement sèche. Et pas seulement au toucher : mais à cœur. Pourquoi? Et bien c’est aussi l’origine de la règle du fameux “gras sur maigre” : la couche de peinture que nous déposons à l’huile absorbe l’oxygène de l’air afin de durcir. C’est difficile d’absorber de l’oxygène lorsque la couche du dessus étouffe la précédente. Vous risquez de vous retrouver avec un tableau instable, que craquelle, qui ne se conserve pas bien dans le temps. Il peut s’écouler plusieurs mois avant la couche soit sèche à cœur : patience, donc!

Après la séance :

Mais prenez garde aux pinceaux! Vos pinceaux ont besoin d’être chouchoutés. Si l’huile est moins agressive que l’acrylique et vous permet de travailler avec des pinceaux en poils naturels, sachez tout de même que la peinture restée entre les poils séchera bien plus vite que celle déposée sur votre toile. Pour conserver votre matériel en tout sécurité entre deux séances sans avoir besoin de se tartiner l’interminable nettoyage de ce dernier, vous pouvez déposer votre pinceau dans un récipient empli d’huile.

Quand choisir ce médium :

Si vous choisissez l’huile comme médium, vous adoptez aussi les longs temps de séchage et la conservation longue durée de vos couleurs. Donc vous pouvez pratiquer par petites séances… A condition d’être patient avant de poursuivre le tableau. Il est cependant plus productif, de se bloquer une seule grosse séance afin d’exécuter en une fois la couche suivante de couleurs. Une fois que la peinture commence à sécher, on arrête : il ne faudrait pas déranger la Belle pendant son sommeil.

3 – Gouache, aquarelle : rien ne se perd, tout se transforme.

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Économique, écologique et qui se gardent très longtemps sur la palette : qu’est-ce qu’on attend pour passer à l’aquarelle ou à la gouache ?

En pratique :

Lorsqu’on choisit son médium selon le temps qu’on consacre à sa pratique, les détrempes se placent bien. La liberté absolue. Et oui : déposez une goutte d’aquarelle sur votre palette. Revenez 10ans plus tard : elle est toujours exploitable. La gouache et l’aquarelle ont en commun un liant réversible. C’est-à-dire que contrairement à l’huile ou à l’acrylique, le liant une fois sec peut être “réveillé” avec de l’eau. Ainsi, vous pouvez du coup préparer votre mélange au début de séance et le diluer avec eau pour l’appliquer à nouveau une fois sec.

Vous pouvez aussi appliquer vos couleurs gouaches sur le support, puis le mouiller afin d’affiner un fondu pas très heureux. Ou encore retravailler une gouache terminée depuis plusieurs années. Cela marche moins avec l’aquarelle, car étant très diluée, les pigments ont toute la liberté voulue pour bien s’incruster dans le papier. mais le principe de rester disponible sur la palette à l’infini est le même.

La matière sèche très vite sur le papier : vous pouvez rapidement appliquer une autre couche par-dessus pour des ombres. La gouache étant opaque, vous pouvez assez travailler en partant du sombre vers le clair. En aquarelle, on ajoute de l’ombre petit à petit, en ajoutant des couches de plus en plus sombres.

Après la séance :

Le nettoyage du matériel est infiniment plus simple : on rince, on essuie. Une fois par semaine, il est bon de faire un petit tour dans l’évier afin de retirer les pigments coincés dans les viroles de pinceaux.
Du coup et bien… Vous pouvez alterner les longues séances de peintures intensives et intercaler de petites séances où vous ne travaillerez que les détails. Bref, la pratique de la gouache et de l’aquarelle sont très libres.

Quand choisir ce médium :

Lorsque votre vie est quand même bien mouvementée ! Entre la permanence des mélanges sur la palette, la possibilité de reprendre n’importe quand et le peu d’entretien du matériel, les peintures gouaches et aquarelles permettent beaucoup de liberté. Choisir son médium selon le temps qu’on veut y consacrer : avec la gouache ou l’aquarelle, vous êtes libres de programmer vos séances comme vous le souhaitez.

4 – Le Digital Painting : quand tu veux, où tu veux, comme tu veux!

Choisir son médium selon le temps qu'on consacre à sa pratique
Une bombe de technologie toujours à portée de main : la Cintiq de chez Wacom fait rêver.

En pratique :

Alors là, de la flexibilité en veux-tu, en voilà. Alors d’accord, les possibilités de peindre à l’extérieur sont limitées, puisque la plupart des tablette tactiles ont besoin d’un raccord à l’ordinateur. Mais quand même. Pas de gaspillage de couleurs, on peut reprendre son travail à l’infini, zoomer, annuler, modifier à volonté… Bon, le piège est de s’enfermer dans une même peinture pendant des semaines. Les possibilités ici sont infinies, il existe aujourd’hui énormément de logiciels de création par ordinateur… Mais on peut tout perdre du jour au lendemain si on ne prend pas garde à sauvegarder son travail sur un disque dur externe de temps à autre. Ou à les faire imprimer par des professionnels !

Après la séance :

Pas de nettoyage de pinceaux, d’eau qui coule, de peinture qui sèche ou de comportement pigmentaires aléatoires : on est le maître du jeu!

Quand choisir ce médium :

une petite séance, une grosse séance, une moyenne, une qui sert à affiner les détails, une autre à modifier tout un segment. Bref, ze méga fridom.

5 – Et les autres médiums ?

Choisir son médium selon le temps qu'on consacre à sa pratique
Oui, il est aussi possible de combiner les techniques pour obtenir un rendu plus riche ou différent. Ici pastels et acrylique.

Il en existe vraiment beaucoup d’autres. On a l’embarras du choix, en fin de compte. Voici un petit topo pour vous aider à choisir son médium selon le temps qu’on consacre à sa pratique :

Dans le top des techniques contraignantes, j’appelle l’encaustique! Donc le principe est de déposer de la cire chaude chargée de pigments sur le support… Vous me voyez venir? Il faut préparer sa matière, la faire fondre sur un réchaud, l’appliquer sur le support, maitriser le flux, puis le sceller à l’aide d’un fer. On peut la retravailler à la l’infini, mais le processus d’application en tant que tel est assez contraignant et nécessite très souvent de repenser complétement son atelier.

En technique intermédiaire, je peux citer l’encre. En effet, ça ressemble beaucoup à l’acrylique, dans le sens où toute matière sortie de son flacon est “perdue”. Elle nécessite d’être appliquée là, maintenant, tout de suite sur le support. Elle sèche rapidement, et est indélébile après. Donc là aussi, il faudra prévoir de nettoyer ses pinceaux à la fin.

Dans le genre “freedom absolue”, il y a… le crayon, le fusain ou encore le pastel. “Simplier is better”. On dépose de la poudre sur le support, autant dire que ça ne peut pas sécher! C’est toujours prêt à l’emploi, facile à transporter, et simple à appliquer… du moins en apparence. Oui bon après, il faut fixer le travail sinon toute la poudre s’envole mais dans l’idée, vous pouvez travailler autant de temps que vous voulez en restant maitre de la matière.

Pour conclure :

J’espère que cet article vous aide à y voir plus clair pour choisir un médium en adéquation avec votre mode de vie. Car c’est tout l’enjeu. Choisir son médium selon le temps qu’on consacre à sa pratique, c’est aussi de s’adapter à nos conditions de vie. D’ailleurs, tout s’apprend… Si quelque chose ne vous convient pas, essayez autre chose ! Peut-être avez-vous des techniques de travail qui diffèrent des miennes, peut-être les utilisez-vous différemment et si c’est le cas, je vous invite à me laisser un petit commentaire à cet article !

Sur ce, je vous souhaite bonne peinture à tous et à toutes 😉

Artiste peintre et Chaman d'un monde qui n'existe pas.

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